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Retour State of the Map France 2018

Par Pauline Millet — publié 23/07/2018
Contributeurs : Bet Palau-Gavalda, Timothée de Montety, Benjamin Marguin, Amel Penant
L'équipe de Makina attendait avec impatience l'événement de l'année, State Of The Map 2018 à Pessac, et s'y est rendue en nombre pour rencontrer la communauté OpenStreetMap et assister aux multiples conférences.
Retour State of the Map France 2018

Le State Of The Map France (SotM) est un événement très attendu par les acteurs de l'Open Source et principalement ceux gravitant autour du web et de l'information géographique. La finalité de ces trois jours de rencontres est de s'informer, se former, partager ses expériences, proposer ou découvrir de nouvelles applications/fonctionnalités autour d'OpenStreetMap (OSM).

Plusieurs thèmes y ont été abordés comme le vélo au sein de la carto (un outil pour cartographier et la cartographie au service du vélo) ou les avantages de l'utilisation d'OSM pour les collectivités, mais également la présentation d'outils et technologies (l'API Overpass, ODin, OSRM, osm2gtfs, QGIS, Pic4review, Mapillary et bien d'autres) pour contribuer et cartographier à son échelle.

Parmi les nombreuses conférences, Makina Corpus a présenté un sujet sur la navigation piéton avec OSRM intitulé "Amélioration de l'itinéraire piéton au niveau d'une ville" avec l'application MoodWalkR.

Nous vous présentons ici les quelques conférences que nous avons suivies.
Vous pouvez également visionner toutes les vidéos des différentes conférences présentées à  SotM 2018. 


Jungle Bus : faire un plan de transport de sa propre ville, c'est possible !

Par Florian Lainez - Jungle Bus

Jungle Bus est un projet de cartographie des lignes de bus. D'après eux, 60 % des villes dans les monde n'ont pas de plan de transport public.
L'association a permis la réalisation du plan de bus  dans la ville d'Accra au Ghana avec les données Open Street Map durant l'été 2017.  Le réseau à Accra est dense et représente 320 lignes de minibus pour 2 millions d'habitants.
L'idée est simple : les utilisateurs ajoutent les données grâce à l'application Jungle Bus comme la position des arrêts, les lignes que desservent cet arrêt et les horaires de passages. Toutes ces données sont ensuite stockées dans un fichier GTFS (general transit feed specification) qui est un format de base pour la transportation publique. Le fichier permet de définir les agences proposant le service, les routes traversées, le chemin des différents bus, les arrêts de bus et les horaires (avec calendrier) à chaque arrêt.
En général, dans OSM ces données peuvent être ajoutées mais elles ne sont pas forcément pertinentes, c'est pourquoi Jungle Bus utilise GTFS. Ils ont d'ailleurs présenté un outil pour transformer des données spatiales en données GTFS : osm2gtfs, qu'ils utilisent dans le cadre de Jungle Bus.
Jungle Bus profite de ces collectes d'informations pour contribuer sur Pic4review (cf ci-dessous) et Osmose un contrôleur de qualité pour OSM qui permet de trouver les informations non valables.


Itinéraire sur OSM avec Mapbox

Par Benjamin Tran Dinh - Mapbox

Mapbox se pose plusieurs questions pour optimiser la navigation sur OSM

Comment avoir une réponse sur un itinéraire en une seconde ?

sachant que :
  •    le monde est grand : le volume de données en jeu est conséquent
  •   le graphe de base (OSM) est dynamique : la donnée OSM évolue en permanence et il existe des contraintes/une hiérarchie selon les routes.
Mapbox y répond en partie par les 2 points suivants :
  • trouver le chemin le plus court sur les graphes avec une approche multi niveaux (algorithme MultiLevel Dijkstra)
  • l'utilisation de Valhalla , un service de navigation libre, qui permet l'utilisation hors ligne et qui est tuilé ; on ne peut charger le graphe (OSM) seulement pour la zone demandée. Il est donc plus approprié qu'OSRM, un autre service de navigation libre, pour une utilisation mobile, même s'il est un peu plus lourd.

Comment proposer des itinéraires adaptés trafic ?

Mapbox utilise les traces GPS de ses utilisateurs mais souhaite analyser ces données anonymement. Un traitement a ainsi été mis en place pour nettoyer les données récupérées des utilisateurs. 
  1.  Il s'agit d'abord de supprimer les informations sur le départ et l'arrivée des traces GPS.
  2. Ensuite de découper en plusieurs segments les traces GPS.
  3. Puis mélanger tous les segments de parcours des utilisateurs.
  4. Pour finalement ne conserver seulement que les informations utiles de la trace GPS : les coordonnées géographiques (longitude, latitude) et la date.
En analysant le trafic, Mapbox souhaite également compléter les données OSM. Il est par exemple possible de détecter une route manquante (tout le trafic passe par une zone qui n'est pas répertoriée comme étant un axe de circulation), des indications signalétiques (toutes les voitures qui passent dans cette rue, roulent dans le même sens), ou encore le nombre de voies. 
Le décryptage de ces données de navigation permet, aussi, d'améliorer les indications à afficher dans l'application (e.g. les gens loupent régulièrement telle sortie, il faut alors mieux l'indiquer).
Dans la même idée, Mapbox donne une attention spécifique au style et la représentation cartographique. L'idée est de pouvoir fournir un maximum d'informations en regardant rapidement son écran.
Pour de futures évolutions, Mapbox pense à intégrer dans son application de navigation la réalité augmentée avec détection d'indication en temps réel (limite de vitesse, nombre de voitures,... ).

Pic4Review : édition ludique à partir de photos de rues

Par Adrien Pavie

Il existe des outils, comme Pic4carto qui permettent, à partir d'images géolocalisées en opensource, de faire de la cartographie collaborative et d'enrichir OSM.
Malgré le grand intérêt de ce genre de plateformes, elles n'arrivent pas à attirer la communauté.
Fort de ce constat, Adrien Pavie a développé l'outil Pic4review et nous l'a présenté à l'occasion de ce SOTM.
Pic4review reprend le même concept que les outils précédents mais permet de se fixer des missions de cartographie collaborative. L'idée est d'inciter et de stimuler la communauté à la revue à travers ces missions.
Les missions peuvent être de tout genre, en fonction de l'envie/besoin des personnes qui les lancent. Il peut s'agir de répertorier les passages piétons accessibles en fauteuil manuel dans la région de Tours, les boîtes aux lettres à Bordeaux ou encore l'accessibilité des toilettes publiques à Paris.

Adrien Pavie a également pensé à intégrer des statistiques et un système de points pour encourager les utilisateurs lors de leur contribution : "encore 2 revues et tu seras le plus grand contributeur sur cette mission !"
Au fils des contributions, la base de données d'OSM est mise à jour en direct.
L'outil propose également d'ajouter des sources d'images personnelles à la plateforme.
Les perspectives pour la plateforme sont maintenant d'intégrer de nouvelles sources de données et l'implémentation d'IA pour assister la cartographie.

Servir des tuiles vecteur avec des données OpenStreetMap

Par Thomas Gratier- WebGeoDataVore

Dans cet atelier les tuiles vectorielles nous ont été présentées, tout en réfléchissant à quoi elles servent, ainsi que comment et dans quel contexte s’en servir.
Conçues pour la première fois en 1966 (Wikipedia), ne sont pas tout à fait une idée nouvelle, mais elles ont cependant vécu une évolution considérable ces dernières années.

Diverses solutions peuvent servir à leur génération et usage. Mapbox, notamment, intègre plusieurs outils qui y sont adaptés : leur génération rapide avec tippecanoe, la mise en disposition de tuiles vecteur comme pour le style de Mapbox Terrain, et (surtout) la librairie JavaScript Mapbox GL JS qui permet d’afficher les tuiles vecteur en utilisant, par exemple, l’éditeur graphique en ligne Maputnik avec lequel il est possible d’exporter le fichier de style créé.
D’autres librairies comme OpenLayers permettent aussi l’affichage de tuiles vecteur, et plusieurs autres outils/alternatives sont en train de se développer.

En général, les tuiles vecteur représentent un concept très intéressant, plein de potentiel. Néanmoins, il faut aussi bien comprendre ses limites et ses capacités pour pouvoir l’appliquer dans des contextes pertinents.

Par exemple, les tuiles vecteurs peuvent facilement devenir assez lourdes si beaucoup de données attributaires et/ou de géométries complexes sont insérées dedans (et le problème de simplification de géométries reste à faire évoluer). De son côté, la taille des tuiles raster peut rester dans une limite acceptable, plus uniforme et maîtrisable.

Il est aussi pertinent de noter que les tuiles vecteur sont un produit destiné à la visualisation de données, mais pas forcément à sa réutilisation : lors de la création, les coordonnées géographiques sont remplacées par des coordonnées en pixels, ce qui modifie la donnée d’origine.

Pourtant, la grande souplesse qu’elles offrent tant au niveau de leur usage qu'au niveau du développement de nouvelles techniques de traitement, fait qu’elles sont un champ très riche à continuer à explorer et développer, avec potentiellement un vaste avenir.

En particulier, en ce qui concerne l’usage, il serait intéressant d’utiliser de tuiles vecteur pour pouvoir modifier facilement le rendu d’une carte, tout en faisant appel aux différents attributs des vecteurs. Par exemple, il est possible d’avoir une carte en cercles proportionnels qui représente le nombre de équipements existants dans une emprise géographique (e.g. communale ou d’un département), tout permettant au client de changer la taille des cercles selon le type de service : sanitaire, éducatif, culturel, sportif…
La mise à jour des cartes dans les tuiles vecteur est également plus adaptée, car elle se fait juste en modifiant la base de données à laquelle on fait appel.

L’atelier a donc présenté les tuiles vecteur tant à niveau théorique que pratique, tout en mettant l’accent sur son application avec les données OSM.

Malheureusement, les difficultés d’accès au réseau wifi de l’université ont fait qu’il n'a  pas été possible de mettre en pratique le schéma qui a été présenté lors de l’atelier.
Cependant, les données sont disponibles et toutes prêtes pour être utilisées, ainsi qu’une description très complète du processus à suivre : lien disponible ici.

Merci aux organisateurs !

State of the Map 2018

Merci à SotM pour avoir organisé un événement riche en échanges et apprentissages et pour nous avoir bien accueillis dans la bonne humeur et la convivialité.

L'équipe Makina Corpus ne ratera sûrement pas la prochaine édition !