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Zones de vigi­lance : mieux infor­mer les usagers sur les condi­tions de pratique avec Geotrek


Les espaces natu­rels sont des lieux de partage où se côtoient de nombreux usages : randon­née, pasto­ra­lisme, chasse, travaux fores­tiers, événe­ments ponc­tuels ou encore acti­vi­tés artis­tiques. À ces usages s’ajoutent des situa­tions excep­tion­nelles, comme des ébou­le­ments ou d’autres risques natu­rels, suscep­tibles de modi­fier tempo­rai­re­ment les condi­tions de pratique d’un itiné­raire. Cette diver­sité d’ac­ti­vi­tés, d’ac­teurs et de tempo­ra­li­tés soulève un enjeu essen­tiel : faci­li­ter la coha­bi­ta­tion des usages et mieux infor­mer les pratiquants sur les situa­tions qu’ils peuvent rencon­trer sur le terrain. Comment permettre aux gestion­naires de parta­ger simple­ment ces infor­ma­tions ? Et surtout, comment les resti­tuer de manière claire et contex­tua­li­sée aux randon­neurs et autres pratiquants ? C’est tout l’objec­tif du nouveau module « Zones de vigi­lance » de Geotrek, actuel­le­ment en cours de déve­lop­pe­ment.

Un besoin partagé par la commu­nauté Geotrek

La réflexion autour de la gestion des conflits d’usage et des infor­ma­tions de vigi­lance n’est pas nouvelle au sein de la commu­nauté Geotrek. Elle s’est cepen­dant concré­ti­sée à partir d’un Café Geotrek orga­nisé en décembre 2024 et animé par le Dépar­te­ment des Pyré­nées-Orien­tales (CD66).

À la suite de ce premier échange, un groupe de travail s’est consti­tué. Trois ateliers tech­niques et deux Cafés Geotrek ont permis de confron­ter les besoins des terri­toires, de préci­ser les cas d’usage et de construire progres­si­ve­ment les prin­cipes du futur module.

Cette démarche collec­tive a conduit à dépas­ser la seule notion de « conflit d’usage » pour imagi­ner un outil plus trans­ver­sal : les Zones de vigi­lance. L’objec­tif est de pouvoir trai­ter dans un même dispo­si­tif des situa­tions aussi diverses que le pasto­ra­lisme, la chasse, des travaux, un risque natu­rel ou encore un inci­dent ponc­tuel. Les spéci­fi­ca­tions prévoient égale­ment, à terme, des possi­bi­li­tés d’in­té­gra­tion avec les zones de sensi­bi­lité écolo­gique.

Le déve­lop­pe­ment est lui aussi porté collec­ti­ve­ment. Une première phase consti­tuant le socle du module est portée par le Dépar­te­ment des Hautes-Alpes (CD05), avec la parti­ci­pa­tion du Parc natu­rel de Gaume (Belgique), du Dépar­te­ment des Pyré­nées-Atlan­tiques (CD64) et du Parc natio­nal des Écrins. D’autres contri­bu­tions viennent ou pour­ront venir complé­ter ce socle, notam­ment celles du Parc natu­rel régio­nal des Grands Causses (PNRGC) et du Dépar­te­ment des Hautes-Pyré­nées (CD65) pour le volet Widget.

Cette logique de co-concep­tion et de finan­ce­ment partagé s’ins­crit plei­ne­ment dans le fonc­tion­ne­ment de la commu­nauté Geotrek : mutua­li­ser les besoins et les déve­lop­pe­ments pour construire des fonc­tion­na­li­tés utiles au plus grand nombre. Les spéci­fi­ca­tions du premier lot confirment cette volonté d’un module co-conçu et financé par plusieurs membres de la commu­nauté.

Une zone, une période et une infor­ma­tion à trans­mettre

Le prin­cipe du module est simple : permettre à un gestion­naire de maté­ria­li­ser dans Geotrek-admin une zone géogra­phique sur laquelle une vigi­lance parti­cu­lière doit être portée, puis de diffu­ser auto­ma­tique­ment cette infor­ma­tion auprès des usagers concer­nés.

Une zone pourra par exemple corres­pondre à une zone de chasse, une estive avec présence de trou­peaux et de chiens de protec­tion, un chan­tier fores­tier, un secteur soumis à un risque d’ava­lanche ou encore un sentier affecté par un ébou­le­ment.

Dans Geotrek-admin, chaque zone sera repré­sen­tée par un ou plusieurs poly­gones et pourra notam­ment être carac­té­ri­sée par son type, sa période d’ap­pli­ca­tion, ses condi­tions de prati­ca­bi­lité, une descrip­tion, des infor­ma­tions pratiques, une source ou encore des docu­ments asso­ciés. Des périodes récur­rentes pour­ront égale­ment être défi­nies afin de prendre en compte des phéno­mènes saison­niers.

Les types de vigi­lance seront admi­nis­trables afin de s’adap­ter aux réali­tés de chaque terri­toire : chasse, pasto­ra­lisme, travaux, risque natu­rel, inci­dent, événe­ment…

Iden­ti­fier auto­ma­tique­ment les itiné­raires concer­nés

L’un des prin­ci­paux inté­rêts du module réside dans son inté­gra­tion avec les autres données de Geotrek.

Lorsqu’une zone de vigi­lance est rensei­gnée, Geotrek pourra calcu­ler auto­ma­tique­ment les itiné­raires et conte­nus touris­tiques qui l’in­ter­sectent. Le gestion­naire n’aura donc pas à ratta­cher manuel­le­ment la vigi­lance à chacun des objets concer­nés.

Prenons un exemple : un ébou­le­ment rend tempo­rai­re­ment impra­ti­cable une portion de sentier. Le gestion­naire dessine la zone concer­née, renseigne la période et les infor­ma­tions utiles. Les itiné­raires traver­sant cette zone sont alors iden­ti­fiés afin que l’in­for­ma­tion puisse être auto­ma­tique­ment resti­tuée aux utili­sa­teurs.

Cette arti­cu­la­tion entre infor­ma­tion géogra­phique et tempo­ra­lité consti­tue l’un des prin­cipes struc­tu­rants du module.

De la vigi­lance à la ferme­ture : donner la bonne infor­ma­tion

Tous les événe­ments n’ont évidem­ment pas les mêmes consé­quences pour les pratiquants.

Une zone de pasto­ra­lisme peut appe­ler à adop­ter certains compor­te­ments sans empê­cher la randon­née. Un sentier dégradé peut néces­si­ter une vigi­lance parti­cu­lière. À l’in­verse, un ébou­le­ment ou un arrêté peut rendre un itiné­raire tota­le­ment impra­ti­cable.

Le module doit donc permettre de distin­guer notam­ment l’in­for­ma­tion de vigi­lance de la prati­ca­bi­lité de l’iti­né­raire.

Les échanges de la commu­nauté ont égale­ment fait émer­ger la notion de « niveau de vigi­lance », préfé­rée à celle de « criti­cité ». Son objec­tif : permettre de hiérar­chi­ser les infor­ma­tions selon leur impor­tance — par exemple Danger, Mise en garde ou Infor­ma­tion — sans multi­plier les inter­pré­ta­tions autour de la prati­ca­bi­lité.

Cette notion fait encore partie des éléments en cours d’ar­bi­trage dans les spéci­fi­ca­tions : le docu­ment de travail prévoit diffé­rents niveaux possibles et envi­sage de les traduire visuel­le­ment par des icônes et des couleurs distinctes dans Geotrek-rando.

Une infor­ma­tion visible au bon moment dans Geotrek-rando

Côté grand public, l’objec­tif n’est pas d’ajou­ter toujours plus d’in­for­ma­tions à l’écran, mais au contraire de présen­ter la bonne infor­ma­tion au bon endroit et au bon moment.

Le dispo­si­tif imaginé prévoit plusieurs niveaux de resti­tu­tion dans Geotrek-rando. Depuis la recherche, l’uti­li­sa­teur pourra notam­ment tenir compte d’une date ou d’une période, des types de vigi­lance et choi­sir de masquer les itiné­raires fermés ou impra­ti­cables.

Sur la fiche d’un itiné­raire concerné, un message permet­tra d’at­ti­rer immé­dia­te­ment son atten­tion. Une section « Zones de vigi­lance » donnera ensuite accès au détail des infor­ma­tions : nature de la vigi­lance, période concer­née, condi­tions de prati­ca­bi­lité, recom­man­da­tions, docu­ments et sources complé­men­taires.

La carte complé­tera cette infor­ma­tion en affi­chant les zones concer­nées autour de l’iti­né­raire. Les maquettes des spéci­fi­ca­tions prévoient ainsi une lecture synchro­ni­sée entre la liste des vigi­lances et leur repré­sen­ta­tion carto­gra­phique.

L’enjeu est de permettre au pratiquant de comprendre rapi­de­ment ce qui se passe, où, quand et avec quelles consé­quences sur son acti­vité.

Zones de vigi­lance et zones régle­men­taires : deux notions à distin­guer

Les travaux menés avec la commu­nauté ont égale­ment permis de préci­ser la diffé­rence entre vigi­lance et régle­men­ta­tion.

Une zone de vigi­lance sert avant tout à infor­mer sur une situa­tion suscep­tible d’avoir un impact sur la pratique : présence d’un trou­peau, chasse, travaux, terrain dégradé, risque natu­rel, inci­dent…

Un zonage régle­men­taire répond à une autre logique : il porte une règle ou une obli­ga­tion juri­dique appli­cable sur un terri­toire. La ferme­ture admi­nis­tra­tive d’un sentier en est un exemple.

Un module consa­cré aux zones régle­men­taires, porté dans un second temps avec le Parc natio­nal des Écrins, vien­dra donc complé­ter cette première brique afin de pouvoir gérer les régle­men­ta­tions et règles asso­ciées.

Cette distinc­tion permet­tra à terme de dispo­ser de deux infor­ma­tions complé­men­taires : ce qui néces­site l’at­ten­tion du pratiquant et ce qui relève d’une régle­men­ta­tion appli­cable sur le terri­toire.

Un socle appelé à évoluer

Cette première phase pose les fonda­tions d’un dispo­si­tif qui pourra progres­si­ve­ment être enri­chi.

Plusieurs pistes sont déjà iden­ti­fiées : prise en compte de l’im­pact d’une vigi­lance selon la pratique, créa­tion de gaba­rits de saisie pour faci­li­ter le travail des gestion­naires, arti­cu­la­tion avec les Zones sensibles, exten­sion du calcul d’in­ter­sec­tion aux sites et parcours Outdoor, ou encore diffu­sion des infor­ma­tions dans Geotrek-mobile et Geotrek-widget.

Le module Zones de vigi­lance illustre ainsi une nouvelle fois la dyna­mique de mutua­li­sa­tion propre à Geotrek : partir de besoins rencon­trés sur plusieurs terri­toires, les confron­ter au sein de la commu­nauté et construire collec­ti­ve­ment une réponse géné­rique, réuti­li­sable par tous.

Les réflexions et déve­lop­pe­ments peuvent égale­ment être suivis dans le ticket GitHub dédié au module Zones de vigi­lance.

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