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De la donnée OpenStreetMap aux applications métier : comment Makina Corpus accompagne les organisations
Dans cet article, nous vous proposons de découvrir comment nous mettons OpenStreetMap (OSM) au service de projets concrets : de la contribution de données à la création d’applications métier, tout en participant activement au développement de cet écosystème avec le réseau de la Fédération des Pros d’OSM.
OpenStreetMap : bien plus qu’une carte
Lorsqu’on pense à OpenStreetMap, on voit souvent un fond de carte libre. En réalité, OSM est avant tout une immense base de données géographiques collaborative. Elle décrit des objets du territoire et leurs relations : routes et chemins, bâtiments, pistes cyclables, cours d’eau, transports en commun, commerces, équipements, espaces naturels, lieux touristiques, infrastructures… Aujourd’hui, cette base rassemble plus de 10 milliards de noeuds et constitue l’une des sources de données géographiques ouvertes les plus riches au monde.
Cette richesse est le fruit d’un projet collaboratif international. Initié en 2004, le projet fédère actuellement plus de 10 millions de personnes dont 50 000 contributrices et contributeurs actifs. Chaque jour, des milliers de bénévoles, de collectivités, d’associations et d’entreprises mettent à jour les informations pour refléter les évolutions du terrain : une nouvelle piste cyclable, un commerce qui ouvre, un bâtiment construit ou un sentier modifié. L’évolution du nombre de modifications apportées chaque mois à OpenStreetMap illustre la vitalité de cette communauté mondiale.
Grâce à leur licence Open Database License (ODbL), les données d’OpenStreetMap peuvent être librement utilisées, modifiées et redistribuées, sous réserve d’en citer la source et d’en partager les enrichissements. Cette ouverture permet aux organisations de construire leurs propres services cartographiques, d’intégrer les données dans leurs systèmes d’information ou de développer des applications adaptées à leurs besoins, sans dépendre d’un fournisseur unique.
Tout savoir sur la licence ODbL
Si de plus en plus d’acteurs publics et privés choisissent OpenStreetMap, c’est parce qu’il répond à plusieurs enjeux majeurs : s’appuyer sur une information continuellement enrichie par une communauté mondiale, maîtriser les coûts liés aux données géographiques, gagner en souveraineté numérique et participer à l’enrichissement de ce commun.
Mais disposer de données ne suffit pas. Encore faut-il pouvoir les évaluer, les mettre à jour et les intégrer dans ses applications ou services. C’est là que commence le travail d’accompagnement.
Plongeons dans les données au coeur de nos applications métiers
Pour les besoins de nos clients et partenaires, nous nous appuyons fréquemment sur OpenStreetMap lors de la création d’applications métiers cartographiques. Mais nous ne considérons pas OSM comme une base dans laquelle il faudrait nécessairement tout mettre.
Chaque projet commence par une question simple : de quelle information le métier a-t-il réellement besoin ?
Certaines données ont naturellement leur place dans OpenStreetMap quand elles décrivent des objets du territoire destinés à être partagés et réutilisés. D’autres relèvent davantage d’un référentiel métier, d’une base administrative ou d’une information privée et doivent rester dans un système d’information spécifique.
Notre rôle consiste justement à aider les organisations à faire cette distinction.
Nous pouvons ainsi intervenir sur toute la chaîne :
Retour d’expérience sur l’intégration d’OpenStreetMap dans Geotrek
OpenStreetMap occupe une place de plus en plus importante dans l’écosystème Geotrek, la suite d’outils open source dédiée à la gestion et à la valorisation des activités de pleine nature. L’idée est simple : permettre aux territoires de s’appuyer sur la richesse des données géographiques disponibles dans OpenStreetMap, pour démarrer ou enrichir leur Geotrek, plutôt que de repartir systématiquement d’une base vide.
Alimenter Geotrek grâce aux données OpenStreetMap
Une première possibilité consiste à utiliser des parsers OpenStreetMap, c’est-à-dire des programmes capables de faire correspondre les informations structurées dans OSM avec le modèle de données de Geotrek. Ils permettent ainsi d’importer automatiquement dans Geotrek-admin différentes catégories d’objets : points d’intérêt, aménagements, signalétiques, informations touristiques, bureaux d’information, villes, zones réglementaires ou encore contenus touristiques. Le système prend en compte les particularités des données OSM, comme leurs différents niveaux de précision, les informations multilingues ou les différentes manières dont les objets géographiques sont représentés dans OSM. Pour les gestionnaires de territoires, c’est un moyen de disposer rapidement d’un premier socle de données ouvertes, qui peut ensuite être contrôlé, complété et enrichi en fonction des besoins locaux.
Constituer un réseau de tronçons à partir d’OpenStreetMap
OpenStreetMap peut également intervenir encore plus en amont, lors de la création du réseau de tronçons qui constitue le socle géographique d’une instance Geotrek. Makina Corpus Territoires a développé pour cela l’outil open source OSM-Paths, qui permet de récupérer les chemins (appelés tronçons dans Geotrek) présents dans OpenStreetMap et de les transformer en un réseau segmenté pouvant ensuite être importé dans Geotrek. Cette approche est particulièrement intéressante pour les territoires qui démarrent un projet sans disposer au préalable d’un référentiel de tronçons suffisamment structuré. OSM fournit alors une première base de travail, avant les indispensables phases de vérification, de correction et d’enrichissement par les gestionnaires et sur le terrain.
Ces deux mécanismes sont complémentaires : les parsers permettent d’alimenter les différents modules de Geotrek avec des objets issus d’OSM, tandis qu’OSM-Paths permet de construire le réseau de tronçons sur lequel s’appuie l’outil. Ils illustrent ainsi la complémentarité naturelle entre Geotrek et OpenStreetMap, deux écosystèmes qui accordent une place centrale à l’ouverture, à la mutualisation et au partage de la connaissance géographique.
La Gaspésie : un exemple concret d’initialisation d’un Geotrek à partir d’OpenStreetMap
Le projet mené avec Tourisme Gaspésie, au Québec, illustre concrètement la manière dont ces deux possibilités peuvent être combinées. La structure ne disposait pas des données nécessaires pour initialiser son nouveau Geotrek : OpenStreetMap a donc servi de socle de départ pour initialiser les données de l’instance. D’une part, les chemins disponibles dans OSM ont permis de constituer le réseau de tronçons de la Gaspésie grâce à OSM-Paths. D’autre part, les parsers OpenStreetMap ont été utilisés pour importer différents objets et alimenter les modules de Geotrek avec les informations déjà disponibles sur le territoire. Plutôt que de démarrer avec une instance vide et de devoir constituer l’ensemble de ces données manuellement, Tourisme Gaspésie a ainsi pu s’appuyer sur le travail déjà réalisé par la communauté OpenStreetMap pour disposer rapidement d’une première base structurée. Les équipes peuvent ensuite la vérifier et l’enrichir avec leur propre connaissance du territoire. Cet exemple résume bien l’intérêt de l’intégration d’OSM dans Geotrek : faire de la donnée ouverte et collaborative un point de départ pour les projets, sans pour autant se substituer à l’expertise des acteurs locaux.
Pour aller plus loin
- Geotrek et OpenStreetMap : mise en place d’une passerelle pour une connaissance du territoire enrichie
- Geotrek 2025–2026 : nouvelles fonctionnalités et grands chantiers à venir
- Documentation Geotrek : import de données OpenStreetMap
Retour d’expérience sur l’utilisation d’OpenStreetMap pour produire de nouveaux indicateurs territoriaux
Sud Foncier Éco est un dispositif porté par la Région Sud et ses partenaires pour mieux connaître et analyser les espaces d’activités économiques de Provence-Alpes-Côte d’Azur. À travers une application cartographique accessible en ligne, il rassemble de nombreuses données permettant aux collectivités, aux acteurs économiques et aux aménageurs de mieux comprendre ces espaces : entreprises présentes, emplois, foncier disponible, accessibilité, équipements et services… L’objectif est notamment de faciliter l’observation du foncier économique et d’accompagner les politiques d’aménagement et de développement économique des territoires.
Calculer l’accessibilité des espaces d’activités
Dans le cadre du projet, dont l’application cartographique s’appuie sur TerraVisu, OpenStreetMap est mobilisé pour enrichir la connaissance des espaces d’activités économiques et de leur environnement. Ces données interviennent notamment dans le calcul de leur accessibilité. Un script Python interroge pour cela openrouteservice, un service open source qui s’appuie sur les données d’OpenStreetMap pour proposer notamment des calculs d’itinéraires, de distances, de temps de parcours ou d’isochrones. À partir de ce service, nous avons pu calculer automatiquement, pour chaque espace d’activités économiques, la distance par la route qui le sépare de plusieurs infrastructures de transport : l’aéroport, la gare ferroviaire et la sortie d’autoroute les plus proches. Ces informations permettent ainsi de compléter la description d’une zone par des indicateurs concrets sur son accessibilité.
Identifier les équipements et services présents dans les zones
OpenStreetMap est également utilisé sur ce projet pour caractériser les équipements et services présents au sein de ces espaces d’activités : accès à la fibre optique, médecins, hôtels, restaurants, bureaux de poste, etc. Dans ce cas, le principe est différent : les équipements issus d’OpenStreetMap sont intégrés dans une base de données de la Région Sud et régulièrement actualisés. Des traitements géographiques permettent ensuite de croiser leur localisation avec celle des espaces d’activités afin d’identifier les services et équipements disponibles pour chaque zone. Cette base issue d’OpenStreetMap ne bénéficie d’ailleurs pas au seul projet Sud Foncier Éco : elle constitue un socle de données géographiques mutualisé, qui peut être réutilisé dans de nombreux autres projets web portés par la Région Sud. Cet exemple montre ainsi tout l’intérêt d’OpenStreetMap au-delà de la cartographie : ses données peuvent être intégrées, croisées et analysées pour produire de nouveaux indicateurs et contribuer à une meilleure connaissance des territoires.
Ces deux cas d’usages illustrent bien la diversité des possibilités offertes par OpenStreetMap dans les projets que nous réalisons chez Makina Corpus. OpenStreetMap constitue ainsi bien plus qu’un simple fond cartographique : c’est une source de données ouverte, réutilisable et exploitable de multiples façons, qui peut servir de matière première pour de nombreux services et analyses territoriales. Pour plus d’exemples et de témoignages de collectivités, nous vous recommandons la lecture du livret réalisé par la Fédération des Pros d’OSM (FPOSM) :
OpenStreetMap et territoires : Une opportunité pour les collectivités
Une expertise qui va au-delà d’OpenStreetMap
À travers ces projets, notre rôle ne se limite finalement pas simplement à « utiliser OSM ». Il consiste à faire le lien entre une donnée ouverte et un besoin concret.
Cela signifie :
-
comprendre le besoin métier ;
-
identifier les données pertinentes ;
-
évaluer leur qualité et leur couverture ;
-
enrichir et fiabiliser les données ;
-
les croiser avec des référentiels métier ;
-
construire des traitements géographiques ;
-
transformer les résultats en applications, cartes ou indicateurs ;
-
organiser leur mise à jour dans le temps ;
-
faciliter le repartage dans OpenStreetMap.
La question du contrôle et de la fiabilité revient naturellement lorsqu’une organisation envisage de s’appuyer sur une base collaborative. OpenStreetMap n’est évidemment pas à l’abri des erreurs, des mauvaises contributions ou du vandalisme. Mais le projet dispose de mécanismes communautaires et techniques permettant de suivre les modifications, d’identifier des comportements problématiques et de revenir à un état antérieur lorsque cela est nécessaire. Chaque objet OSM possède un historique de versions, ce qui permet notamment de retracer les modifications qui lui ont été apportées.
Le vandalisme reste par ailleurs relativement rare au regard de l’activité globale du projet, même si les mécanismes de surveillance et de correction demeurent indispensables. Pour des usages métier nécessitant un niveau de maîtrise supplémentaire, il est également possible de mettre en place une copie ou une réplication intermédiaire des données. Cela permet de découpler l’application métier de la base OSM elle-même, de contrôler les mises à jour, de conserver un historique local et de mettre en place les traitements de validation adaptés au contexte.
Là encore, l’enjeu n’est donc pas de choisir entre « OSM » et « données maîtrisées », mais de construire une architecture adaptée au niveau de confiance et de fraîcheur attendu.
À plusieurs, on va plus loin
L’esprit de collaboration est au cœur d’OpenStreetMap. Chez Makina Corpus, nous sommes convaincu·es que cet écosystème se renforce grâce aux échanges entre les communautés, les associations, les collectivités et les entreprises qui le font vivre.
C’est dans cette dynamique que nous participons à la Fédération des Pros d’OSM (FPOSM), un collectif d’entreprises françaises proposant des solutions et services basés sur OpenStreetMap. La FPOSM a pour vocation de rendre plus visibles les compétences professionnelles autour d’OSM, de favoriser le partage d’expériences et de promouvoir des usages responsables des données ouvertes. En rejoignant cette initiative, nous avons souhaité affirmer notre volonté de contribuer au développement d’une filière française de l’information géographique ouverte, au service des organisations et des communs numériques.
Parce que la diffusion des connaissances est tout aussi essentielle que le développement de solutions techniques, nous renforçons également notre offre de formation. En partenariat avec Carto’Cité, nous proposons désormais des formations qui vous permettront de mieux maîtriser l’écosystème OSM. De la découverte d’OpenStreetMap à ses usages avancés, ces formations permettent de gagner en autonomie, de contribuer efficacement et d’exploiter tout le potentiel d’OSM.
Cette volonté de transmission s’inscrit aussi dans la dynamique des State of the Map, les rencontres de la communauté OpenStreetMap. Après les éditions françaises du State of the Map France, la France accueille en 2026 pour la première fois le State of the Map mondial, à Paris, du 28 au 30 août. Nous aurons grand plaisir à vous y retrouver !
Contribuer, développer, transmettre : pour nous, ces trois dimensions sont indissociables. C’est en partageant les connaissances, en construisant des partenariats durables et en participant activement à la communauté que nous contribuons, collectivement, à faire grandir OpenStreetMap.
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